Pat Quinn s'évoque de 75 ans d'histoire de hockey Esso

La Pétrolière Impériale célèbre le 75e anniversaire de sa relation avec le hockey au Canada. Si je pense au passé, je me rends compte que je me suis intéressé à ce sport pendant une grande partie de ces 75 années.
Je suis né en 1943, à Hamilton, en Ontario. J’ai joué à plusieurs sports mais le premier était le hockey. J’y jouais à trois ans avec des patins à double lame attachés à mes bottes. Comme de nombreux jeunes Canadiens aujourd’hui, nous jouions sur une patinoire que mon père faisait dans la cour. Je me souviens du moment où, à cinq ans, j’ai accédé à une meilleure patinoire qu’un voisin avait construit dans sa cour arrière. J’avais la permission de rester jusqu’à ce que les lampadaires s’allument. Je m’améliorais avec mes « nouveaux » (pour moi) patins de seconde main, que je portais avec quatre paires de bas pour remplir la bottine.
En plus d’affiner mes aptitudes de hockeyeur, je devenais un amateur de hockey. En 1953, je reçus pour Noël un récepteur radio à cristal. Étant l’aîné de quatre enfants, je pouvais à l’occasion rester debout le samedi soir pour écouter Hockey Night in Canada, l’émission commentée par Foster Hewitt. Les samedis où je devais aller au lit, maman me laissait emmener le récepteur avec moi en cachette, à condition que je ne dérange pas mes frères et ma sœur. Dans le noir, à l’écoute des commentaires de Foster, je pouvais voir les « Lunchbucket Leafs » et Les Glorieux, les Flying Frenchmen. Le Rocket était une boule de feu éblouissante. Dans mon imagination, je pouvais voir mon joueur favori, Ted (Teeder) Kennedy, capitaine des Leafs, au moment où Foster décrivait comment il inscrivait le but gagnant dès la mise au jeu.
Les émissions de Hewitt étaient diffusées depuis la loge en bois, tout en haut du Maple Leaf Gardens, celle que nous allions tous finir par appeler « la gondole ». Je ne me doutais pas du tout qu’un jour j’aurais une vue du perchoir de Foster depuis la patinoire et, plus tard, depuis mon propre poste derrière le banc de l’équipe locale.
La radio a continué à entretenir mon intérêt pour le sport. Je n’ai pas eu trop à m’en faire quand la LNH - et la Pétrolière Impériale du même coup - a fait le saut au nouveau médium de la télévision en 1952. Dans notre quartier, personne n’avait de téléviseur. Je passais la majeure partie de mes moments libres au Parc Mahoney, à deux coins de rue de chez moi. À Hamilton, il fallait avoir 12 ans pour jouer dans une ligue de hockey organisée mais au Parc Mahoney, on pouvait participer à une partie improvisée tous les jours après l’école et toute la journée le samedi et le dimanche.
Un samedi glacial de janvier 1954, comme je me dégelais les pieds après une matinée de patinage, ma mère lança avec nonchalance que la caserne de pompiers où mon père travaillait venait d’avoir un téléviseur. J’eus peine à croire les paroles qu’elle prononça ensuite : « Aimerais-tu aller au poste de pompiers pour regarder les Leafs jouer contre Montréal ce soir ? » Mon cœur commença à battre très fort dans ma poitrine.
Ce soir-là, je fus initié au miracle de la télévision. Je restai là, assis avec mon père et les autres pompiers. Tous les yeux étaient rivés à l’image granuleuse. L’antenne de télévision - les « oreilles de lapin » - devait être déplacée constamment pour obtenir une bonne image. C’était inoubliable. Enfin, je pouvais réellement voir les héros que j’avais imaginés dans ma tête lorsque j’écoutais Foster à la radio. Je voyais également en personne Murray Westgate, le porte-parole d’Esso, qui animait « The Hot Stove Lounge » (« La Ligue du vieux poêle »), puis passait la parole à la gondole pour l’annonce des Trois Étoiles Esso, qui étaient choisies par Foster.
La place d’Esso dans l’émission a toujours fait une impression sur moi parce que j’étais pompiste pour M. Elliott, le propriétaire de la station Esso du coin.
À 15 ans, je jouais pour les Tiger Cubs de Hamilton, une équipe de hockey junior A, en compagnie de Paul Henderson et de Pit Martin. Par la suite, je fis mes armes dans les ligues professionnelles mineures au sud du 49e parallèle. En 1968, ayant été acquis par les Leafs, je fis mon entrée dans la LNH. Je jouai ma première partie à Pittsburgh. La suivante était à domicile, à Toronto, et elle était diffusée à Hockey Night in Canada. Le matin, à l’entraînement, j’observai George Armstrong, le capitaine, portant chemise, cravate et patins, sortir sur la glace à une extrémité du banc des Leafs et patiner jusqu’à la portière à l’autre extrémité pour sortir. C’était son rituel matinal. J’essayai de dormir pendant l’après-midi, sans succès, et je me rendis donc tôt au Maple Leaf Gardens. Étant le premier joueur dans le vestiaire, je me suis assis à ma nouvelle place, j’ai levé les yeux et j’ai lu pour la dixième fois ce jour-là le célèbre Défi de Conn Smyth : « Si tu ne peux pas les battre dans la ruelle, tu ne peux pas les battre sur la glace. » Bien entendu, j’avais entendu ces mots à la Ligue du vieux poêle bien des années auparavant… et ils semblent toujours être la pure vérité. Je me dis en moi-même que je devrais m’en tirer assez bien ici parce que c’était probablement dans « la ruelle » que j’excellais en tant que joueur.
Deux ans plus tard, je me suis retrouvé dans la formation des Canucks de Vancouver, une équipe de l’expansion. Le sport connaissait une période de transition. À Hockey Night in Canada, Foster était toujours responsable du Choix des Trois Étoiles mais c’était Bill, son fils, qui commentait les parties.
La relation d’Esso avec le hockey changeait également. Sa commandite de longue date de Hockey Night in Canada se termina en 1976, moment où la compagnie commençait à développer des programmes locaux pour les jeunes, qui se continuent jusqu’à aujourd’hui.
Mon rôle dans le sport a également évolué. De joueur, je suis devenu entraîneur dans la LNH pour finalement passer à l’Association canadienne de hockey amateur (également connue sous le nom de Hockey Canada) comme entraîneur, en 1986. Cette année-là, les professionnels de la LNH ont représenté le Canada au Championnat mondial à Moscou et ont remporté la médaille de bronze. Par la suite, je fus entraîneur pour l’équipe masculine de hockey junior du Canada, qui remporta le championnat du monde sous ma direction en 2009.
En tant que père et grand-père, je peux dire que j’ai vu de mes yeux le soutien extraordinaire d’Esso pour un sport qui rassemble tout le pays. Depuis 75 ans, la Pétrolière Impériale joue dans les coins avec nous.